Pour l’enseignement
Un traducteur qui tourne dans le navigateur, sans compte élève, sans qu’un seul texte tapé par un élève ne parte sur un serveur, et qui continue de fonctionner sans réseau une fois la langue chargée. Cette page s’adresse à qui accueille, enseigne ou accompagne : un enseignant, un documentaliste, la vie scolaire, une association d’aide aux devoirs. Ce que cela change concrètement, et ce que cela ne remplace pas.
Ce que cela retire d’un coup
Le traitement de données personnelles concernant des élèves, y compris mineurs, relève du règlement général sur la protection des données et de la loi Informatique et Libertés ; le ministère de l’Éducation nationale et la CNIL s’en occupent ensemble, dans un partenariat reconduit le 16 décembre 2025. En France, un mineur de moins de quinze ans ne peut pas consentir seul à un traitement fondé sur son consentement : il faut, en plus du sien, l’accord d’un titulaire de l’autorité parentale, en application de l’article 45 de la loi Informatique et Libertés. C’est une question qui revient à chaque outil numérique proposé à des élèves : qui a autorisé la création d’un compte, qui a lu les conditions, qui a consenti au nom de qui.
Nous décrivons ici ce que fait le service, techniquement. Nous n’écrivons pas d’avis juridique : la conclusion sur les obligations propres à un établissement revient à l’établissement lui-même, avec son délégué à la protection des données quand il en a un.
Cette question ne se pose pas de la même façon ici, parce qu’elle ne se pose pas du tout au sens où on l’entend d’habitude : la boîte de traduction ne crée aucun compte, ne demande ni identité ni âge, et n’envoie aucun texte saisi vers un serveur, quel que soit l’élève qui s’en sert. Ce que fait réellement le navigateur avec ce texte se vérifie avec ses propres outils, comme n’importe quelle page de ce site le permet : voir ce qui se passe dans votre navigateur.
Une deuxième question revient à chaque nouvel outil proposé en classe : faut-il l’autoriser sur le réseau de l’établissement, l’ajouter à une liste blanche, ouvrir un compte de service. Une fois l’adresse du site atteinte une première fois et la langue choisie mise en réserve, traduire un texte ne fait plus sortir une seule requête vers l’extérieur : rien n’est envoyé, donc rien n’a besoin d’être inspecté ou filtré à ce moment-là.
Les usages, tels qu’ils se présentent en classe
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Accueillir un élève qui arrive sans un mot de français
Un élève allophone nouvellement arrivé, ce que l’Éducation nationale désigne par le sigle EANA, se présente parfois sans un mot de français, dans un établissement où personne ne parle sa langue. La boîte sert ces tout premiers échanges : se présenter, montrer où est la salle, la cantine, l’infirmerie, poser une question simple et comprendre la réponse. Le registre des modèles compte aujourd’hui 59 langues, bien au-delà des 7 langues de la maison que couvrent le dictionnaire et les glossaires de ce site : l’ukrainien, l’albanais, le turc, l’ourdou ou le vietnamien en font partie, par exemple. Ce n’est pas une couverture totale pour autant : le pachto, le soninké ou le bambara, pour ne citer qu’eux, n’ont à ce jour aucun modèle public dans ce registre. Voir les langues servies pour la liste réelle, langue par langue, et ce qu’elle pèse à télécharger.
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Traduire une consigne
Une consigne d’exercice, écrite pour toute la classe, se traduit en quelques secondes vers la langue d’un seul élève : le temps qu’il suive au même rythme que les autres, sans feuille à part préparée d’avance. Pour un texte de plusieurs lignes, la boîte en pleine page convient mieux qu’un petit champ, projetée au tableau ou ouverte sur l’écran de l’élève.
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Un mot aux parents
Un mot aux parents, une convocation, une information sur une sortie scolaire : le traduire dans la langue de la famille évite de compter sur un élève pour transmettre oralement une version approximative, ou sur un parent qui laissera de côté un mot resté en français.
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Un règlement, un document bilingue
Le règlement intérieur, une charte de vie scolaire, un document d’accueil : en préparer une version bilingue, français et langue de la famille, page à page, plutôt que de renvoyer une famille à un texte qu’elle ne peut pas lire.
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Comparer les langues, en cours
En cours de langue ou de français, faire traduire une même phrase dans deux langues et regarder ce qui change donne à voir ce qu’une leçon de grammaire ne dit pas seule : un ordre des mots différent, un alphabet qui ne se lit pas dans le même sens, un mot qui n’a pas d’équivalent direct. Les pièges de traduction, langue par langue et sourcés, prolongent l’exercice pour qui veut aller plus loin.
Ce qu’une machine comprend, et ce qu’elle ne comprend pas
Une traduction automatique ne comprend pas une phrase : elle calcule, mot après mot et motif après motif, ce qu’un texte de cette forme donne le plus souvent dans l’autre langue. Elle n’a ni le sens de la situation, ni celui de ce qui compte pour qui lit, et elle peut se tromper avec la même assurance qu’elle a raison. C’est particulièrement vrai quand la langue d’arrivée n’est ni le français ni l’anglais : la traduction passe alors par deux modèles à la suite, le français vers l’anglais puis l’anglais vers la langue voulue, et chaque étape ajoute sa propre marge d’erreur. Ce que valent ces scores, paire de langues par paire de langues, se lit sur ce que vaut une traduction machine ; ce que cette traduction rate vraiment, les langues les moins bien servies et les textes qu’il ne faut pas lui confier sont dits sans détour sur les limites, et nous ne les reprenons pas ici.
Ce qu’il faut retenir pour le dire à des élèves, en une phrase : ce qu’affiche la boîte est une proposition à vérifier, jamais une vérité qui se suffit à elle-même.
À côté de la boîte, des phrases dites par une personne
Le dictionnaire réunit des phrases écrites par des personnes réelles, chacune avec son auteur et son identifiant à la source, moissonnées sur Tatoeba sous licence CC BY. Une phrase du dictionnaire n’est pas une sortie de machine : quelqu’un l’a écrite, quelqu’un d’autre l’a traduite, et les deux noms restent attachés à la phrase, aussi longtemps qu’elle est servie. Montrer les deux réponses côte à côte à la même question, celle de la boîte et celle du dictionnaire, est déjà une leçon en soi : on y apprend à distinguer une source nommée d’une estimation calculée, un texte attribué d’un résultat de calcul. C’est une question que les élèves recroiseront ailleurs, bien après avoir quitté ce site.
Le côté pratique
Rien à installer
La boîte est une page comme une autre : elle s’ouvre dans le navigateur déjà présent sur les postes de l’établissement, ou sur un appareil personnel autorisé, sans logiciel à installer ni droits d’administration à demander au service informatique.
À prévoir la première fois
Une chose se télécharge la première fois qu’une langue est choisie : le modèle de cette langue, en moyenne 20 Mo. Comme aucune paire directe n’existe entre deux langues qui ne sont pas l’anglais, traduire du français vers la langue d’un élève télécharge le plus souvent deux modèles à la suite, français vers anglais puis anglais vers la langue voulue, pas un seul : comptez le double, et le temps que cela prend sur la connexion de l’établissement.
Pour une salle entière
Le fichier téléchargé reste en réserve sur l’appareil qui l’a demandé, jamais sur un serveur central ni sur les autres postes. Si chaque élève travaille sur son propre poste, chaque poste télécharge sa propre copie une fois : mieux vaut lancer ce téléchargement avant le début du cours, pendant un autre exercice ou à la récréation, plutôt que de faire attendre toute une classe au même instant sur le même réseau. Un seul poste, projeté au tableau, suffit pour un usage collectif et ne demande qu’un seul téléchargement.
Une fois la langue en réserve, la traduction continue de fonctionner sans réseau : voir ce qui se passe dans votre navigateur et hors connexion. Utile dans une salle mal couverte, ou le jour où la connexion de l’établissement tombe.
Ce que cela ne remplace pas
Un traducteur ou un interprète humain, quand la situation l’exige. Un entretien avec une famille sur une orientation, une situation de danger ou de signalement, un échange qui touche à la santé : ce sont des moments où une traduction qui peut se tromper, sans que personne ne puisse s’en apercevoir sur le moment, n’a pas sa place.
La boîte aide à accueillir, à expliquer, à comparer ; elle ne décide jamais qu’une situation est simple.