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Les pièges, langue par langue

Ce qui fait rater une publication dans une langue, avec la règle exacte et sa source : rien ici ne s’appuie sur une impression.

Ce qu’est un piège, ici

Un piège, sur ce site, n’est pas une curiosité de grammaire : c’est une règle de langue vérifiable, qui porte sa source, et qui explique une faute qui revient plutôt qu’un cas isolé. Sept familles reviennent sans cesse : le sens d’écriture, les pluriels, les genres, les registres (de politesse ou de formalité), les faux amis, les formats de nombre et de date, la ponctuation.

La règle ne fléchit jamais : une affirmation sur une langue sans source n’est pas servie par l’API, et elle n’est pas publiée sur ce site. L’outil qui construit chaque page de langue refuse une règle sans source plutôt que de la publier quand même : exactement ce que ce projet reproche à une traduction automatique qui invente sans le dire.

Ce projet compte aujourd’hui 212 affirmations sourcées sur les langues, toutes langues confondues : les règles d’écriture, de ponctuation et d’interface, plus les registres et les faux amis, chacun portant sa source au même titre.

Deux pièges, pour de vrai

Plutôt que d’en parler en général, en voici deux, tirés des données du projet, chacun avec sa source.

Le français compte zéro comme un singulier

En français, 0 se classe dans la même catégorie grammaticale que 1 : on écrit 0 jour, jamais 0 jours. Un système calqué sur l’anglais, qui ne connaît qu’un singulier pour 1 et un pluriel pour tout le reste, ajoute un s à zéro par réflexe.

Juste

0 jour restant

À éviter

0 jours restant

Source : CLDR Charts: Language Plural Rules (v48), vérifiée le 2026-08-19. Le détail sur la page français.

En arabe, de 11 à 99, le nom compté reste au singulier

C’est le piège le plus souvent raté sur cette langue : contrairement au réflexe venu du français ou de l’anglais, le nom qui suit un nombre de 11 à 99 reste au singulier en arabe, jamais au pluriel.

Juste

11 رسالة جديدة

À éviter

11 رسائل جديدة

Source : ArabiKey : règles du nombre et du compté en arabe (أحكام العدد والمعدود), vérifiée le 2026-08-19. Le détail sur la page arabe.

Un moteur de traduction généraliste apprend depuis des exemples fréquents : il rend bien ce qui revient souvent dans ce qui l’a entraîné, et lisse ce qui est rare. Compter zéro comme un singulier, ou garder un nom au singulier après onze, sont justement des cas rares dans un corpus ordinaire : le genre de règle qu’un moteur, quelle que soit sa qualité, généralise le moins bien. Vérifier ces deux points sur une sortie de traduction ne coûte rien.

Ce que change la boîte de traduction

Ce site embarque désormais un traducteur qui calcule dans le navigateur, sans rien envoyer sur le réseau : sur l’accueil, sans un clic, ou en pleine page sur la boîte de traduction. Cette page en devient plus utile qu’avant : elle ne décrit plus seulement des curiosités de grammaire, elle nomme précisément ce qu’une machine, la nôtre comme n’importe quelle autre, rate le plus souvent.

Ce qu’une traduction automatique rate en général, et pourquoi une relecture humaine reste nécessaire, se lit sur la page les limites. Ce que mesurent les scores publiés pour chaque paire de langues, et ce qu’ils ne mesurent pas, se lit sur la page ce que vaut une traduction machine. Cette page-ci ne mesure rien et ne généralise pas : elle montre, langue par langue, la règle précise qui casse, avec sa source.

Ce qui traverse toutes les langues

Certaines fautes ne sont propres à aucune langue en particulier : elles reviennent partout où l’on traduit vite, et elles ne coûtent cher qu’une fois publiées, jamais avant.

La troncature

Couper un texte à un nombre fixe de caractères peut couper un signe au milieu de lui-même : les écritures indiennes, où une lettre porte souvent un signe attaché en dessous ou au-dessus, et l’arabe, où une lettre change de forme selon sa position dans le mot, en souffrent particulièrement. Voir hindi, bengali et arabe.

La concaténation

Assembler une phrase à partir de morceaux traduits séparément suppose que l’ordre des mots et les accords grammaticaux tombent juste une fois recollés, ce que rien ne garantit d’une langue à l’autre. Une phrase se traduit entière, jamais recollée à partir de bouts traduits isolément.

Le pluriel à deux formes

Une règle pensée pour « un » et « plusieurs » ne suffit pas partout : l’arabe distingue six catégories, zéro, un, deux, quelques-uns, beaucoup et les autres, et une interface qui n’en prévoit que deux en efface quatre. Voir arabe.

Le nombre mal formaté

La virgule et le point ne séparent pas les milliers et les décimales de la même façon d’une langue à l’autre, et certaines écritures emploient des chiffres qui ne sont pas les chiffres arabes occidentaux. Un nombre recopié tel quel, sans reformatage, se lit juste dans une langue et faux dans l’autre.

Les sept portes

Une page par langue, chacune à sa propre adresse, chacune dans sa propre écriture.

Ce que chaque page de langue contient

Une même structure pour les sept, dans cet ordre, remplie ou laissée de côté selon ce que la langue a de sourcé.

  1. Les faits de base : l’étiquette de langue, l’écriture, le sens de lecture, les catégories de pluriel.
  2. L’écriture : les règles propres à l’alphabet ou à l’abugida de la langue.
  3. La ponctuation : ce qui se détache, ce qui s’attache, ce qui n’existe pas dans cette langue.
  4. Traduire une interface : les règles propres aux boutons, menus et messages, pas à la prose.
  5. Les pluriels : les catégories réellement employées, chacune avec un nombre et un exemple.
  6. Les nombres et les dates : les chiffres employés, les séparateurs, les formats courts et longs.
  7. Les registres : quand employer un registre plutôt qu’un autre, et pourquoi cela compte.
  8. Les faux amis : ce qu’on croit dire, ce qu’on dit vraiment, et pourquoi.
  9. Les sources : chaque règle de la page, reliée à la source qui la prouve.

Chaque règle illustrée porte un exemple juste et un exemple à éviter, écrit dans la langue concernée et déclaré comme tel : un attribut lang toujours, un dir="rtl" en plus pour l’arabe.

Aller plus loin

  • Ce qu’une traduction automatique rate en général, et pourquoi une relecture reste nécessaire : les limites.
  • Ce que mesurent, et ne mesurent pas, les scores publiés par paire de langues : ce que vaut une traduction machine.
  • Le vocabulaire qui doit rester le même d’un texte à l’autre, avec sa nuance et son piège : les glossaires.
  • La marche à suivre complète pour publier proprement en plusieurs langues : la méthode.
  • Les chaînes d’interface déjà prêtes à télécharger, sept langues : les packs de chaînes.
  • Sourcer une règle qui manque, corriger un exemple, ajouter une langue : contribuer.